La grève déclenchée depuis neuf jours par l’intersyndicale de l’éducation a pris une tournure dramatique ce mardi 9 décembre. Au groupe scolaire La Haute Marée 2, une élève de 10ᵉ année, Kadiatou Soumah, a perdu la vie dans un mouvement de panique né des tensions qui secouent les établissements scolaires de Conakry.
Depuis le début du mouvement, les écoles publiques et privées connaissent de fortes perturbations, accentuées par la campagne électorale en cours et les rumeurs persistantes d’intrusions et de risques d’enlèvements qui alimentent la peur dans plusieurs quartiers.
Selon les témoins, la confusion a éclaté lorsqu’un groupe d’élèves venu de Ratoma et Taouya a été signalé à proximité de l’établissement, dans le cadre des violences liées à la grève. Les élèves, alertés, ont commencé à paniquer. Cécé Loua, professeur de la jeune fille, raconte qu’au début de la matinée tout semblait normal : Kadiatou l’avait même taquiné en classe. Mais en apprenant que des jeunes se dirigeaient vers l’école, le personnel a tenté de libérer les élèves progressivement. Avant que cela ne soit totalement organisé, des élèves se sont avancées à la fenêtre et, en apercevant le groupe, ont crié : « C’est la mort ! », provoquant une ruée vers les sorties.
Dans cette bousculade, Kadiatou et une camarade sont tombées entre les bancs. Si son amie a pu être réanimée, Kadiatou, elle, a été retrouvée inconsciente. Transportée d’urgence à l’hôpital, elle n’a pas survécu, alors que rien ne laissait présager un problème de santé particulier. Son décès plonge l’établissement dans le choc et ravive les inquiétudes des parents, déjà éprouvés par les tensions actuelles.
Ce drame, survenu en pleine grève et dans un climat déjà tendu, remet une nouvelle fois en question la sécurité des élèves et l’urgence de trouver une issue à la crise afin d’éviter d’autres pertes tragiques.
Guineegazette.com
