Conakry: La décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a de nouveau été le théâtre d’un drame meurtrier. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, une partie de la montagne d’ordures s’est effondrée sous l’effet des fortes pluies qui se sont abattues sur Conakry.
Le bilan provisoire communiqué par la Protection civile fait état de 18 morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Les opérations de recherche et de dégagement se poursuivent, laissant craindre une évolution du bilan.Mais au-delà de la catastrophe de ce dimanche, le drame de Dar-es-Salam pose une nouvelle fois la question de la présence d’habitations aux abords immédiats de cette décharge à haut risque.Un danger pourtant connu depuis plusieurs années Ce n’est pas la première fois que Dar-es-Salam est frappé par un éboulement meurtrier.
En août 2017, un précédent glissement avait déjà fait cinq morts et une dizaine de blessés, selon le bilan provisoire communiqué à l’époque par les autorités. L’ancien président Alpha Condé s’était alors rendu sur les lieux du drame.Quelques mois plus tard, les autorités avaient entrepris de faire libérer les emprises de la décharge.
En juillet 2018, 201 familles riveraines avaient été recensées et l’État avait annoncé une enveloppe de 4 milliards 20 millions de francs guinéens, soit 20 millions de francs par famille, à titre d’accompagnement au déguerpissement.Malgré ces mesures annoncées à l’époque, des habitations ont continué à exister autour de la décharge.
Le risque, lui, n’a jamais véritablement disparu.Des avertissements restés sans effet ? La présence persistante de logements sur ce site soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations : pourquoi des familles ont-elles continué à vivre dans une zone identifiée depuis longtemps comme dangereuse ? Les opérations de déguerpissement ont-elles réellement été menées jusqu’à leur terme ? Tous les occupants concernés ont-ils effectivement bénéficié des mesures d’accompagnement annoncées par l’État ?Ces questions prennent une nouvelle dimension après le drame de ce dimanche.D’autant que, quelques jours seulement avant l’éboulement, les autorités avaient annoncé des travaux de sécurisation du site, en raison notamment des risques d’éboulement, de glissement de terrain et de pollution auxquels étaient exposées les populations riveraines.En juin dernier, le gouvernement avait également annoncé la fermeture définitive de la décharge de Dar-es-Salam et évoqué un projet de transformation du site.Une tragédie qui relance le débat sur le déguerpissement à Dar-es-Salam, la catastrophe actuelle rappelle ainsi une réalité connue depuis près d’une décennie.
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